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Il est assez invraisemblable de retrouver, au fin fond du cosmos, une entité comme le Baron Samedi. Car après tout, c'est un loa, c'est-à-dire un personnage terrien, issu et nourri de croyances terriennes. Et le voici, hôte attentionné de voyageurs lointains ; ceci peut mettre la puce à l'oreille. En plus, il a demandé qu'on lui raconte des histoires. Qu'est-ce que ça veut dire ? Pendant ce temps, le Ciel continue de tomber sur la Terre, et les anciens dieux préparent un nouveau déluge. Lucas et ses amis, perdus au loin de toute normalité, vont maintenant être éduqués avant d'être relâchés. Qui est, en définitive, le Baron Samedi ? Pourquoi entraîner des touristes à devenir des athlètes imperturbables ? Dans quel pétrin nos héros vont-il, d'un coup de pouce divin, finalement être fourrés ? Pour y faire quoi ? Et Niko, appelé à vivre « dans un lieu bien triste, seul plus longtemps qu'aucun être humain », qui le consolera et quel sera ce lieu ? |
Échantillons :En service auprès de la ReineEn service auprès de la Reine. J'emporte les œufs, qui sont gros comme des oreillers, dans des logettes disposées au pied des parois, où les attendent les nourricières anxieuses et affairées. Toujours, celles-ci émettent des doutes sur mes compétences de transporteur, me jugeant inappliqué dans mon travail : un jour, j'en laisserai tomber un, et qui, alors, se fera laver la tête ? Amer, je leur rétorque : « Comment pourrais-je négliger mon devoir, alors que je suis le père de la moitié d'entre eux ? » Le service à l'abdomen est en effet réservé aux géniteurs ; ce qui est, pour les œufs, une garantie de bons traitements. Je repensais à ce rêve déjà ancien, alors qu'à la suite du Baron, après avoir traversé de nuit un quartier assez mal famé d'une grande ville, où des garçons comme des fauves luisants nous épiaient dans l'ombre des passages, nous avions pénétré, presque sans transition, dans un grand appartement de style haussmannien, rempli d'une très riche bourgeoisie. Une musique syncopée provenait des doubles portes ouvertes sur des salons aux plafonds hauts, desquels pendaient de gros lustres opulents. Des robes étourdissantes passaient en scintillant, des colliers de perles cliquetaient au cou des matrones, caressés et soupesés par des mains calculatrices dont les doigts étincelaient. Il y avait là des jeunes filles en parure de combat, qui essayaient leurs charmes sur quelque victime indulgente et sans enjeu, pour le simple plaisir de l'entraînement. Leurs véritables cibles étaient les jeunes mâles qui évoluaient au centre, tournoyant sur les parquets entre les bras experts de dames rompues à ces joutes, dames que je me pris à cataloguer comme essayeuses. D'autres regards se posaient encore sur eux, lancés de derrière un verre ou par-dessus des épaules, en direction de tel ou tel de ces garçons que cette attention ne surprenait nullement : ils étaient là pour convaincre, et l'on y parvient en ces lieux non pas en se singularisant, mais en s'accordant aux ambiances et aux usages. De temps en temps, l'un ou l'autre de ces jeunes loups s'approchait poliment d'une demoiselle, et l'invitait à danser. Je sentais ici l'influence d'un esprit qui aurait dominé dans une lointaine époque ou sur un autre monde, mais que le foutoir de mon siècle aurait jeté aux ordures au même titre que telle coutume pittoresque d'aborigènes éteints. Pedigree et curriculum vitæ de chacun des jeunes hommes étaient connus de tous ; et les jeunes filles, en femelles attentives à ne pas se perdre, faisaient, sous le regard des mères, monter les enchères à mesure qu'elles triaient les prétendants, selon un rituel sans illusion. Se trafiquaient ici des alliances de raison, et de trop gros capital pour qu'un écart y fût toléré. Les hommes, tous aisés, tous compétents, paradaient devant ces dames qui jugeaient là directement, sur pièce, après avoir consulté les dossiers dans les antichambres. Les anciennes se tenaient en retrait, derrière l'oreille droite, pour le conseil ; souvent elles posaient sur les jeunes épaules des mains protectrices ou encourageantes. Nous traversions cette scène en parfaits étrangers. Malgré son bariolage un peu voyant, le Baron pouvait encore passer comme assorti à ce monde chatoyant tout entier braqué sur le paraître et la puissance : avec son costume richissime, il nous servait ici d'étrave. Moulinant de sa canne à pommeau diamanté, il ouvrait la route, avec un mot aimable à chacun lorsqu'il lui fallait négocier un obstacle. Quant à nous qui suivions, une bulle se creusait à notre passage ; des regards se posaient sur nos physionomies, et les pieds, d'eux même, reculaient d'un pas discret pour ne pas nous frôler. Nous autres touristes faisions tache. Le Baron s'arrêta au fond d'un couloir. « Mon camouflage » crut-il bon d'expliquer. « Qui penserait à me chercher dans ce genre de tripot ? Hi hi ! Et, avez-vous remarqué ? Ici, ce sont les femmes qui dirigent. Cependant, les mâles ne sont pas à négliger ; aussi, ne vous étonnez pas de ce que vous allez voir ; après tout, je tiens à ma tranquillité, et tout artifice qui peut écarter les indésirables est le bienvenu ». Il agita sa canne devant une porte puis ouvrit celle-ci ; un couloir apparut, au fond duquel attendait un placard, dont il écarta les battants. « Un sas ? demandai-je. Une autre porte ludienne ? — Oui... Attention maintenant ; je passe devant. » Une nuit surgit, avec la forêt bruissante et la touffeur des jungles océaniennes, à ceci près que deux lunes se reposaient dans le ciel, éclairant les crêtes de lointains nuages secoués d'éclairs. Nous avions éteint la lumière du couloir. Le Baron agita de nouveau sa canne, qui se mit à produire une lueur rouge et nous chauffa le visage. « Il vaut mieux, en ces endroits, savoir se prémunir...
Voyez plutôt ! » La lueur s'intensifia, et nous
reculâmes pour ne pas cuire, tandis que le Baron, insensible à
ces rayonnements, brandissait son instrument vers le haut. Alors nous
vîmes, à quatre pieds au-dessus de nos têtes, des araignées
par centaines, qui galopaient comme des perdues pour échapper à
la chaleur. Sous les courses de toutes ces bêtes, les toiles ondulaient.
Bientôt les arbres se remplirent, tandis que les filets vidés
n'exposaient plus que quelques momies, dont certaines avaient la taille
presque d'un écureuil. « De bons gardiens... Ceux-ci
pêchent les êtres volants et les arboricoles, mais il y en
a d'autres qui font des trappes, et d'autres encore des rideaux. Tenez-vous
donc bien derrière moi, et marchez là où je marche
exactement ! » Ce que la peur engendreLa peur de ne jamais avoir assez, la peur de ne pas être suffisamment protégé, la peur de la faiblesse : elle est si vieille ! Mais elle est sans objet aujourd'hui. Elle a conduit les humains dans une forteresse, c'est très bien merci beaucoup, mais pourquoi est-elle ensuite montée s'installer dans le donjon ? Pourquoi a-t-elle hissé son drapeau à elle ? Pourquoi continue-t-elle, aujourd'hui encore, à nous commander ? Et, bon sang, pourquoi se laisse-t-on faire ? Enfin zut, quoi ! Ça fait des millénaires qu'on nous dit d'arrêter de gigoter comme ça, il n'y a pas le feu ! Il n 'y a plus le feu, soyez cool, devenez sages ! Devenez de vieux sages... Nous, huit humains égarés sur les terres du Baron, nous avions eu l'opportunité de quitter ce monde de cinglés, dans lequel il n'y avait aucune échappatoire : soit l'on travaille d'arrache-pied pour éviter de rester en arrière dans la course à l'accélération, soit l'on s'étouffe dans la misère crasseuse au milieu des nuages de fumée que soulèvent les concurrents encore en état de foncer. Ce monde créé par les humains ne laisse aucune place à un autre modèle de vie que celui de la ruée effrénée. Ou alors, oui, on peut se faire anachorète... Mais solitaire, mais simple civil contemplatif ? Mais petit jardinier dans son lopin ? Candide avec sa bêche et son arrosoir ? C'est impossible. Une loi, ici, nous cravache. Pas de place pour les promeneurs. Ainsi, toujours, on a peur. Peur de manquer, de rater, peur de perdre... J'adore entasser du bois, du vin, des conserves dans la cave ; j'adore les comptes en banque bien gras ; je vénère à genoux les congélateurs obèses ; or, je vois la mort qui s'approche, et ma vie pourrie est pleine de frustrations. Aussi, cette année, il faudra faire cinq, dix, vingt pour cent de mieux ! Tuez, déboisez, raclez les fonds marins, creusez des mines, lâchez des bombes, construisez encore plus d'avions, investissez dans du gigantesque ! Truandez encore plus de pauvres, foutez-vous bien de la gueule des gens, sinon vous ne tiendrez pas votre objectif et l'on vous jettera dans les ténèbres extérieures... Puis-je dire, en passant, que ces ténèbres sont aussi une nuit merveilleuse ? Cependant, toujours, les slogans : entassez les fruits, inventez des casse-têtes encore plus performants, et aussi des arcs, et des propulseurs pour tuer encore plus de gazelles ! Massacrez ces lions qui nous piquent nos proies, poussez des troupeaux entiers vers les falaises, il s'agit de dominer, nom d'une pipe, on va pas se laisser faire par ces saletés de bêtes. Montrez vos couilles, rentrez ces bides, tas de bleusaille ! Résultat : mais c'est qu'on nous craint à mort ! Victoire ! On dansera sur ses os ! Nous sommes les maîtres
du monde. Écrasons notre cigare dans cette main de gorille, vautrons-nous
sur cette peau d'ours, badigeonnons-nous la bite avec de la poudre de
rhinocéros, et ordonnons de remplacer encore plus de forêt
primaire par du palmier à huile ! Tu n'as pas ta Rolex, sous-homme ? Dans le cri« Chaque cerveau, pour peu qu'il soit doté d'un minimum d'intelligence, a tôt ou tard le sentiment d'être emprisonné dans son corps. Juché au sommet d'un bipède, je regarde le monde depuis mes deux fenêtres ; pour un peu, j'aurais le vertige d'être planté si haut ». Maxime le Télépattes voltigeait dans la campagne, émettant une excellente imitation de bruit de train, et le rythme des faux rails chantant sous les faux bogies nous endormait peu à peu, tandis que Niko nous parlait de solitude. « Je l'ai beaucoup ressentie, et cela rend poli et attentif. De forteresse à forteresse, les occupants s'envoient des signaux, pas toujours bien déchiffrés. L'on se prend parfois à rêver de fusion, à ce qui se passerait si l'on ne faisait plus qu'une seule et même chair, qu'un seul esprit... Bien que la réponse soit évidente : un seul être, c'est un être seul. — Une seule et même tête » répondit le Baron, en se citant lui-même. « Mais j'avais ajouté : familière et tribale... Vous tous en prenez le chemin. Ce qu'entrevoit Niko n'est pas dans votre avenir. » Les paysages défilaient monotones. Étendues de fer, brouillards pâles, ciel uniformément couvert ; pas d'arbres. Juste, de temps à autre, les rondeurs éparses de quelques roches bossues qui faisaient comme des éléphants dans ce monde couleur d'ardoise. Au bout d'une heure passée à filer dans le crachin, Maxime aborda un long virage autour d'une montagne si vieille, si éboulée, qu'on aurait dit un terril épuisé par l'âge, un rejet de carrière ; de gros morceaux de grès glissaient lentement vers le fond de la vallée, des coulures de boue noirâtre maculaient les pentes, et d'immenses champs de gravats s'amoncelaient en moraines à la base de cette chose détruite. Je m'attendais à chaque instant à rencontrer ferrailles et ferraillages, vieilles cabanes écrabouillées, bidons, flaques d'hydrocarbures, traces de pneus, et un ou deux engins de chantier abandonnés au milieu d'une mare de boue grise aussi lisse que du mercure, aussi empoisonnée. Mais il n'y avait rien d'autre qu'une contrée si ancienne et si fragile, si désolée que personne d'un peu sensé n'y aurait construit ne fût-ce qu'un bagne. Or ce n'étaient là que les abords d'un pays désespéré que le Baron, notre bon guide, tenait à nous montrer afin que rien ne nous fût épargné des malheurs des êtres pensants. « Je suis Prométhée, disait-il, je suis le Baron. Je vous ai faits et je vous défais. Rien de ce qui est humain ne m'est étranger. Regardez par ici ! » Maxime ralentissait. Il y avait par là une espèce de grosse tête de grès, arrondie en champignon, avec une ouverture comme un cri, et deux orbites vides un peu décalées en hauteur. Cela suggérait un crâne tordu, cela suggérait absolument le tableau Skrik de Munch, 1893 ; c'était une espèce de géant fossile qui n'en finissait plus de s'horrifier d'une chose que l'on ne voyait pas encore, mais qui ne pouvait être que passablement gratinée, puisque le Baron en gloussait déjà, et faisait des citations que le Thésaurus, qui ne quittait jamais le poignet de Karine, identifia comme une création de Térence, dans un ouvrage sombrement intitulé L'homme qui se punit lui-même. Il fallut descendre dans le froid. Il fallut marcher dans un désagréable sablon qui brillait avec de sournois éclats gras, et fuyait sous nos bottes ; selon qu'on passait dans une cuvette ou entre deux arêtes de roche, le son de nos pas y changeait du tout au tout, soulevant ici des grondements de ballastière, ailleurs des crissements de sucre mastiqué ; entre les deux, on aurait dit un qui se lave les dents, un chat gigantesque mangeant ses croquettes. L'impression générale était que ce sol rêvait de nous avaler. En pédalant dans la poussière, nous parvînmes à la tête de champignon, avec son trou édenté dans lequel le Baron pénétra, enlevant son chapeau pour ne pas le cogner – je découvris à cette occasion que ce lwa était chauve. Il se retourna et nous invita à le suivre. J'étais resté en arrière, à contempler la pierre, grosse verrue catastrophée : je la vis complètement paniquée à l'idée de mâchouiller ce long cafard dégingandé qui gesticulait dans sa bouche ouverte. Impitoyable, la troupe entière s'enfonça dans le cri, et moi avec. Le nouveau début de la finDans l'Airbus d'Alexandrie qui se posa, ou plutôt qui se laissa tomber sur la piste de Lampedusa, où sévissait un vent de travers comme on n'en voit que dans les simulations, il y avait, tout verdâtre, un ministre français de l'Économie, entouré de quelques députés de la Majorité, bien nacrés eux aussi, ainsi qu'une vingtaine de journalistes fort blancs ; la couleur dépendait ici essentiellement de la nature du repas de midi : oriental et faramineux chez les politiques, banal, succinct, tristement international pour la piétaille. Ces gens venaient de passer la dernière demi-heure à se
faire bousculer dans un avion volant bas, loin au-dessous de nuages d'un
orange cendré, dont on disait qu'il transportaient des cailloux
en sus des habituels grains de sable. L'avion venait juste d'écraser ses roues sur le tarmac lorsqu'une avalanche creva le fameux parapluie du Baron et déversa quelques tonnes de ballast sur l'aéroport et ses environs. Le pare-brise de l'Airbus n'y résista pas. Un nuage de poussière et de sable s'engouffra dans le cockpit, fila par la porte qu'on venait malencontreusement d'ouvrir, souleva les rideaux comme on fait avec les jupes, et partit colorer les humains de la classe économique en rouge-latérite. Il y eut encore d'autres attaques sur le chemin entre l'avion et les bâtiments ; l'assistant d'un député y perdit sa mallette, qui s'en alla tournoyer au pays des choucas, suivie par une casquette, deux paires de lunettes et huit téléphones. On vit aussi passer une écharpe, et puis, moins drôle, ce fut un cactus qui fonça sur la troupe des politiques et distribua sauvagement quelques douzaines de piqûres avant de s'enfuir en bondissant comme un diable. Aussi, lorsqu'après toutes ces aventures, le ministre, qu'on avait mis à refroidir dans l'espace VIP de l'aérogare, se fit harceler par huit cents petits singes, il explosa, boum, de saturation, de rage, de lassitude, d'incompréhension existentielle ; il pleura, il hurla, il s'aspergea de café bouillant, il lança le reste du pot sur les bestioles, les traita même de socialistes et tomba dans les pommes sous les caméras de la presse qui, bien entendu, n'en perdit pas une miette. On put admirer bientôt cet édifiant spectacle un peu partout sur Internet. La fin du monde s'asseyait sur l'aéroport de Lampedusa, et tourmentait un politicien français. Pendant ce temps, les vents effroyables couchaient les humains contre le sol ; les toits, les pierres, les buissons s'envolaient. Sous la table noire des nuages, vaste caverne livrée aux djinns, l'ombre était pleine de projectiles. Au loin, la mer d'ardoise se jetait dans une espèce de brouillard jaune, tantôt glorieux et tantôt sale, parfois traversé de rayons comme on en trouve dans les tempêtes des peintres classiques, et troué, vers l'ouest, d'une lueur cuivrée qui était le soleil. Venu de Guinée, en route pour Lattaquié en Syrie, un cargo, moteurs noyés, ou peut-être ensablés, s'était échoué vingt minutes plus tôt sur les roches de la Cala Francese, à l'endroit exact où nous-mêmes étions apparus. Quelques containers étaient passés par-dessus bord. Certains, sous le choc, s'étaient ouverts, déversant leur contenu ; six étaient remplis de singes destinés à de sales expériences. Deux mille bestioles, après s'être extraites de leurs cages éventrées, s'étaient lancées, trempées et colériques, à l'assaut de l'île. En chemin, certaines d'entre elles avaient trouvé une aérogare, une grande salle, un ministre. Le combat contre les singes, un mélange de Cercopithèques verts et de Dianas rayés, fut homérique. Les pompiers, appelés en catastrophe, déversèrent des mètres cubes de mousse, arrosèrent les assaillants avec des jets d'eau à haute pression et, d'une manière générale, inondèrent tout, selon leur habitude. Les humains glissaient là-dedans, s'étalaient sur le carrelage, tandis que les singes, à quatre pattes, faisaient du patinage artistique. Les journalistes, juchés sur des comptoirs, filmaient tout ça pour la postérité. Puis un Beluga se posa en catastrophe, rata la piste à cause des
rafales, défonça les clôtures du côté
nord et s'arrêta sur une petite route. Les singes, que l'on avait
réussi à chasser des bâtiments, reculant vers les
pistes, mais entraînés malgré eux par la tempête,
se ruèrent dans cette direction-là, contournèrent
le géant désemparé, franchirent la brèche
et se répandirent dans la campagne. Le vent les poussa vers les
hauteurs de la ville. Ce soir-là, les habitants des faubourgs virent
ainsi passer dans les rues des multitudes de petits monstres pleins de
mousse, hurlants et d'humeur vindicative. Et tous ces singes, absolument
tous, finirent, complètement exténués et à
bout de patience, par nous tomber dessus. |
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