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Un recueil de poèmes de Richard Monette
 

, MAIS… est un recueil qui survole trente-cinq ans d’écriture. Poésie d’abord timide (« Je n’ai que mots journaliers »), exprimant le doute, le doute de sa propre existence jusqu’au doute menant à la fragilité de la vie, elle croît par la suite en intensité et en maturité (« Mon œil myope immigre moite dans l’ombre de mes mains »)…

Les poèmes ne sont pas en ordre chronologique, mais regroupés plutôt pour permettre au lecteur de glisser d’un thème à l’autre, évoluant vers la densité intérieure et explosive d’un homme au passé secret et à l’avenir incertain (« Voilure de marbre usée aux siècles mouillés »). Les textes sont comme des photographies d’émotions prises sur le vif.

L’auteur prétend qu’il est peu probable de pouvoir arrêter la lecture dans la dernière partie du recueil pour autre chose que respirer.

Cette poésie gagne à se lire à voix haute pour en apprécier la saveur subtile des rythmes et découvrir la richesse sonore des sens. « À la mer l’homme mouille la mort ».

Première diffusion le 5 décembre 2011
4,99 € - 6,49 $ca sur 7switch | Poids lourd | Poésies#amonette
ISBN : 978-2-92391-642-2


Plus d’infos


 

Un échantillon :

Isabelle des premières dames du domaine

 
À l’origine de notre château nous étions
Ardents bâtisseurs de cœurs et de passions
Isabelle des premières dames du domaine

À cette heure et vous voyant aller, j’ai tant la peine

Isabelle, Dame-maître des bibliothèques et des salons
À vos courage et renom : Ô grande dame sage
Comme le poète livre à l’emploi ses émotions
Par l’encre s’écoulant en des flots d’hommages
Je mouillerai modeste masque par mes yeux
En vous souhaitant long voyage heureux
À cette heure et vous voyant aller, j’ai tant la peine

Mon Isabelle des premières dames du domaine
 

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À propos de , Mais...

par Laurendeau

Dans une note mise en ligne sur Écouter Lire Penser, Paul Laurendeau estime que Richard Monette est le poète de la concrétude. Extrait : « Poète au sens essentiel du terme, Richard Monette nous ramène tout d’abord à la matérialité du mot, sa conque sonore, son percutant phonétique (ou, selon la formulation même du poète, le percutant fun aime). Le mot et le paquet de mots construit l’évocation presque comme si elle s’imposait de par les sens, et ce, peine paire due pour la graphie docile-gentillette… »

La paire due

« Je vous hais ! »
Dit-elle en fun aime
« Je vous possède… » ?
Les savanes arides étaient des jungles sauvages de forêts vierges
Le père, l’éponge de pierre
Est de
Palpable écueils
Et d’
Imperméable pièges
Perdure ce liège
Froissé d’effeuille
S’y perdent les songes du pied lierre
L’arbre est un hêtre dans un tronc de chêne

C’est là un important (et sempiternel) rafraîchissement, surtout en francophonie (fun nie – n’épiloguons pas…). Ensuite, la poésie concrète, c’est aussi l’immédiateté de l’évocation. L’image est écrue, non délavée, patente. Elle se crie, se chuchote, ce qui se rejoint. On retrouve presque le dépouillement séculaire des ritournelles, des comptines ou des dictons populaires. Plus microscopique métaphorique qu’allégorique macroscopique, plus ancré dans la chair que dans le cortex, le poème nous parle, nous gratte, nous picosse, en prise directe, de ce qui se dit, se claque, quand, fatalement, le dessous de peau fendille :

Que l’amour ne fasse de même

Mon corps usé, à la peau marquée par les pas,
Par l’érosion âpre de la chair, perd diaprures.
Mes os sonores tel des poutres au dégel ;
Souffrant au temps… Que l’amour ne fasse de même.
Voilà ! Vieillir
Et t’aimer toujours

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Livres publiés


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