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Perle-mêle (lettre tant)


Un recueil de poèmes de Richard Monette
 

Ce second recueil de Richard Monette (agrémenté/commenté de photos) nous ramène très proche de la nature, de ses fluxions, de ses orages, de ses atermoiements, de ses consentements. Les poèmes seront par moments entrecoupés de courtes narrations évocatrices en prose, fraches, humaines, légères-mais-denses, riches de cette unique aptitude l’encapsulement durable de la chose enfantine si caractéristique de Monette.

Dans les poèmes eux-mêmes se mirent l’incisif et l’insidieux, le décisif et le décati. Ils sont parfois coupants, parfois langoureux, toujours inévitables dans leur extra nécessité ordinaire. Le mot continue d’y surparler en se laissant raboter une carapace qui éclate en tessons. Le mot assume son jeu-de… et les calendes bourrent. Elles bourrent les urnes de ce temps qui perpétue son bruit de scie en redisant que ce qui est radical rejoint toujours ce qui est durable.

Richard Monette dédie ce second recueil sa grande sœur, parce que finalement c’est lui le temps qui reste et se dépose en postillons de rosée : une grande sœur.

Première diffusion le 11 octobre 2014
3,49 € - 4,59 $ca sur 7switch | Poids moyen | Poésies
ISBN : 978-2-923916-85-9


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Trois échantillons :

 

Et o allons-nous ?

Je terme
de bagarres et de bagages et d’enfouis
o j’ai appris poids au pendule pesant
et o tu dors et tu redores et encore
et loin de nos cœurs et loin de nos corps

Jeté aimé mal gréé
puisque souffre au faux familier
en pauvre poète détranger
mes nus mots mitraillés
en caresses d’insonorisé

Je t’aime et je t’aime
lorsque s’offre l’aube en jeune jour fou
mais mes nombres immenses et mollement inanimés
ont l’allure allongée et de forme floue
pareille ces replis de lit sous nos repeaux imprimés

J’ai mal d’aimer mal o
mes sons debout bouts
et sans allure o allons-nous ?

Photo © Marie-ve Gagnon

L’an vole mes feuilles

Ma mémoire est un spectre dépeuplé
comme mitigeur qui fuit ne respectant que peu
d’oh ! D’aubes et d’aurores,
c’est un érable exhibé, image d’automne,
o affleurent lourdes racines d’assèchement,
glacial avenir.

Des vents lui volent d’éphémères feuilles
gravées de vaines routes : criant crépuscule
o s’estive la mort.

Photo © Richard Monette

Anti-procrastination

 
On peut perdre
perdre son portefeuille
perdre ses clés

On peut perdre
perdre aux courses
perdre en sportif

On peut perdre
l’amour de sa vie
ou la vie d’un enfant
parfois la famille
des manières il y en a tant

On peut perdre
perdre beaucoup
perdre tout

Mais perdre du temps
Comment ?
Comment c’est possible
de perdre du temps ?
 

Illustrations :
• Richard Monette en lecture publique de ses poèmes lors de la soirée de lancement au Mousse Café, rue Beaubien Est, Montréal.
• L’auteur s’essayant au selfie en compagnie de Paul Laurendeau, au Mousse.

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propos de ma poésie :

Par Richard Monette

Il arrive pour un poète d’être de longs moments sans création puis, sans réelles explications, de produire abondamment en peu de temps.

Je crois qu’elle est l, la différence entre l’écrivain et le poète. L’écrivain écrit comme l’ouvrier produit, l’heure, au jour, l’obligation. Le poète écrit pour rien, juste par ce qu’il le faut et il ne le faut pas toujours.

Le truc, tu te laisses aller dans le plaisir d’écrire. Tu écris beaucoup sans restriction en t’amusant, puis après, tu te relis et tu ratures. Tu ratures beaucoup ne gardant que ce qui est tripant pour toi. Pour moi je jette au moins 70%. Ensuite tu construis. Tu assembles, des mots en vers, des vers en textes, des idées en littérature et parfois il arrive que les vers pour un texte n’y conviennent pas du tout mais ils s’infiltrent bien dans un autre o se séparent pour vivre leur propre existence.

Aimes-tu les casse-têtes ? C’est simple, tu crées des suites de mots que tu te lances sur la visionneuse et ensuite après le ménage tu assembles ce qui est bon pour que a sonne bien et que a ait du sens. Ici pour moi il y a aussi et toujours de l’essai-erreur. C’est hyper simple. Deux étapes : la création brute et l’assemblage. Tu t’éclate et tu sues. Mais il ne faut surtout pas suer d’emblée.

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